
a contribuições
Dossiês em preparação
2007 / 2008
Monitoramento da água: a urgência de mudar o olhar e as práticas
Atingir a sustentabilidade pelas filiais: da produção ao consumo
Realizado por Guillaume Gamblin, irenees
11 / 2003
On ne ramasse pas une pierre avec un seul doigt. (Proverbe africain)
La justice ni la paix ne se construisent par des bombes, mais bien de mains d’hommes et de femmes. A nous qui avons la volonté et la prétention d’apporter une pierre décisive à ce chantier, d’apprendre à agir conjointement dans la diversité des points de vue et dans l’unité des défis auxquels nous avons à faire face.
En février 2001, les neuf organisations non-violentes françaises fondatrices de Non-Violence XXI adoptent les statuts de ce « fonds associatif pour une culture de non-violence au XXI° siècle », qui a pour vocation principale la recherche et le développement des financements d’origine privée. Le rassemblement de ces organisations dans un fonds associatif a pour principal objectif d’assurer une visibilité accrue aux activités et aux besoins financiers de celles-ci, d’accroître ainsi le volume des financements d’origine privée envers elles afin de pouvoir développer leurs activités et leurs réalisations, mais également de renforcer leur coopération concrète et la mise en place de projets communs.
Durant l’hiver 2001-2002, est ainsi lancée l’activité du fonds associatif, avec l’embauche d’une coordinatrice et le lancement de la recherche de fonds proprement dite. Celle-ci s’adresse tant aux fondations privées qu’aux donateurs particuliers, ainsi qu’aux legs. Pour cela Non-Violence XXI choisit de privilégier dans un premier temps deux thèmes principaux : l’éducation à la non-violence, et l’intervention civile de paix (ICP). C’est ainsi qu’est lancée en 2002 une campagne de soutien aux volontaires de paix, et en 2003 une campagne de soutien au fonds pédagogique pour une culture de non-violence. Avec le soutien de plus de trois cent donateurs, et de trois fondations (Un Monde Par Tous, Charles Léopold Mayer, et La Fondation de France), l’activité du fonds associatif est en train de prendre de l’ampleur.
Elle permet aussi la rencontre et le dialogue entre membres de ces diverses organisations, qui n’ont pas toujours le réflexe de travailler ensemble « main dans la main », malgré des thèmes de travail et des terrains d’action souvent très proches. Les financements accordés ont pour rôle de privilégier les réalisations communes entre organisations différentes, afin d’encourager une dynamique de coopération entre elles.
C’est dans ce cadre qu’une convention partenariale est signée en 2002 entre Non-Violence XXI et la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme (FPH), engageant un partenariat financier et méthodologique durable et prolongeant les relations de coopération qui existaient depuis de nombreuses années déjà entre la FPH et les organisations non-violentes, dans le cadre de leurs projets respectifs. En outre, la fondation compte parmi les principaux partenaires ayant impulsé la création de ce fonds associatif en 2001.
Afin de leur permettre de faire un travail de retour réflexif sur elles-mêmes et sur leurs expériences, et afin d’encourager l’interconnaissance et la coopération entre elles, un travail de capitalisation des expériences, des ressources et des savoir-faire présents au sein de ces neuf organisations non-violentes a été engagé en 2003, avec un fort appui méthodologique et financier de la FPH, débouchant aujourd’hui sur le présent dossier. Pour mener à bien cette démarche de « capitalisation », je suis allé rencontrer les animateurs et différents membres de chacune de ces neuf organisations, situées dans diverses régions de la France. J’ai réalisé auprès de ces personnes des entretiens approfondis et j’ai consulté un certain nombre de documents relatifs à l’histoire, aux activités et aux projets de ces organisations. Un travail de retranscription, de lectures et de synthèse a donné lieu à la rédaction de textes de synthèse sur chacune de ces organisations, qui constituent le corps de ce dossier.
Ces textes voudraient faire apparaître autant que possible la singularité de chaque organisation, à travers la spécificité de son histoire collective et l’expérience de ses membres, les difficultés ou les conflits qu’elle a pu rencontrer et les stratégies qu’elle a mise en Ĺ“uvre pour les affronter et de les résoudre, les thèmes de réflexion et d’action qui sont les siens, les partenaires avec lesquels s’est tissée et se tisse son histoire, les capacités, ressources et savoir-faire qui lui sont spécifiques, les points forts qui la caractérisent par rapport aux autres organisations, enfin sa capacité à coopérer et à travailler en réseau. Ainsi se trouve mis en valeur ce qui fait la singularité de chaque organisation, tout en mettant en évidence les capacités de coopération et de synergie qui sont les siens, avec le reste des organisations non-violentes membres de Non-Violence XXI, et au-delà. C’est au final l’esprit singulier qui anime chacune de ces organisations, qui voudrait être transmis à travers les lignes qui suivent. Bien sûr, l’ensemble de ces analyses est intimement lié aux contacts humains et aux impressions personnelles qui ont été les miens dans le cours de ce travail, qui ont orienté mon regard et font de ce dossier une réalisation ayant une indéniable dimension personnelle et subjective. On ne saurait assimiler ces textes à des documents officiels de présentation de ces organisations, ni d’ailleurs à des documents de promotion de leurs activités : leur objet est autre.
L’intérêt de cette démarche concerne d’abord ces mouvements : leur renvoyer, comme en miroir, une image d’eux-mêmes au sein d’une sorte de « portait de famille », qui les interroge sur leur place et leur rôle au sein de l’ensemble des mouvements engagés pour la non-violence. C’est aussi l’intérêt des « cartographies » qui suivent ces textes : apporter des éléments de repérage quasi-topographiques, pour se « situer » dans l’ensemble des mouvements voisins. Et dégager des perspectives de coopération ou de débat au vu de certaines proximités par exemple.
Ce dossier, largement diffusé au sein des mouvements non-violents, aura pour utilité directe de permettre, par un travail d’information claire et approfondie, une meilleure interconnaissance de la part des membres engagés dans chacun de ces mouvements : afin de renforcer d’éventuelles dynamiques de coopération au niveau local ou régional, mais également de dépasser certains préjugés et certains jugements et blocages basés souvent sur une méconnaissance mutuelle. Il est tout sauf évident, lorsqu’on commence à s’engager dans un mouvement cherchant à promouvoir la non-violence, d’appréhender ses activités et son fonctionnement dans leur globalité d’une part, et moins encore d’appréhender l’ensemble du réseau d’organisations non-violentes au sein duquel il s’insère, partageant bien souvent une histoire commune avec nombre d’entre elles, et entretenant de nombreux liens et interactions avec celles-ci. Ce travail s’adresse donc aussi et peut-être en priorité aux adhérents des mouvements non-violents.
C’est également dans le cadre des relations, en particulier militantes, entretenues avec de nombreux autres mouvements ou acteurs de la société civile, qu’un tel effort de clarification et de présentation semble également bienvenu : il permet à des personnes ou associations extérieurs à cette constellation non-violente d’avoir un regard autant que possible global, et peut-être d’y voir plus clair parmi leurs partenaires engagés en faveur de la non-violence. Leur action gagne ainsi en « lisibilité » extérieure.
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Guillaume GAMBLIN
Lire le dossier Les Organisations Non-Violentes en France sur le site irenees.net, site ressources sur l’art de la paix
