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L’Epicerie Locale d’Initiative Solidaire (ELIS) : une connexion de moyens financiers, humains et de solidarité

Pascale THYS

07 / 2009

FICHE PROJET

CONTEXTE

Depuis quelques années, le Comité de quartier du Fresnoy Mackellerie (Roubaix), comme d’autres partenaires de quartier, a fait le constat, relayé par la ville, d’une augmentation de la précarité d’une frange importante de la population et d’un désinvestissement des habitants dans la vie de leur quartier et de leur cité. « Ainsi sommes-nous forcés de reconnaître que bien souvent nous ne rassemblons que quelques dizaines d’habitants sur quelques milliers et que tout un pan de la population ne connaît pas le comité de quartier ou ne s’y retrouve pas forcément par rapport à ses préoccupations premières. Or notre légitimité repose sur la participation effective du plus grand nombre d’habitants dans nos activités et sur la prise de responsabilité d’habitants citoyens dans des projets et actions concrètes ».

Mais un individu ne peut vraisemblablement adopter une conception collective et une démarche de projet qu’avec un minimum social vital en ce qui concerne le logement, l’alimentation, la santé, l’éducation, la reconnaissance sociale, … Comment militer le ventre vide ? Face à ce bilan, les membres du Comité ont voulu recréer des espaces d’échanges et de remobilisation pour la défense des droits des habitants et pour donner, aux personnes les plus éloignées, les moyens de pouvoir maîtriser au moins un peu et collectivement leur vie et celle de leur cité : pour que du statut de sous-citoyen dans lequel ils sont trop souvent cantonnés ils accèdent au statut de citoyen-acteur reconnu.

ORIGINES DU PROJET

Une habitante du quartier, ayant lu un article sur une épicerie solidaire dans la région parisienne, alla trouver son référent RMI afin de pouvoir construire sur Roubaix une telle structure. Ce dernier lui indique le chemin du Comité de quartier.

L’habitante du quartier a demandé une aide technique pour monter un projet d’Epicerie Solidaire. Son projet était motivé par le fait que, connaissant d’importante difficultés financières, elle n’arrivait pas à franchir les portes des aides traditionnelles type Resto du cœur ou Amitié Partage. Elle a créé son propre emploi.

Les débuts ont connu quelques problèmes : difficulté pour trouver un local, réticence des commerçants, … L’épicerie a démarré avec très peu de moyens humains et matériel. Ce qui a permis d’intégrer tout de suite les usagers, de s’entraider, d’échanger des savoirs et savoirs-faire, …

La naissance d’ELIS c’est la rencontre entre des compétences techniques et la volonté d’une habitante-militante acharnée. L’épicerie s’est ouverte en mai 2000.

OBJECTIFS DU PROJET

ELIS =

est un outil d’aide alimentaire nouveau et complémentaire par rapport aux aides alimentaires traditionnelles ;

est une activité d’économie solidaire alternative au fonctionnement économique classique mettant l’homme au centre du projet ;

est un tremplin qui d’une expérience individuelle fait naître des actions collectives de revendications positives ;

favorise l’émergence de pratiques innovantes, pour promouvoir d’autres manières de créer et de distribuer les richesses ;

favorise de nouvelles formes d’échanges et de solidarités qui participent à la lutte contre l’individualisme et le repli sur soi ;

permet la réinsertion des usagers.

POPULATION CONCERNEE ou GROUPES CIBLES

Usagers : les habitants du quartier ouest de Roubaix (Epeule, Alouette, Trichon et Fresnoy-Mackellerie). En priorité tout bénéficiaire du RMI puis toutes personnes ayant l’API, l’ASS, l’AAH, l’AUD (aides sociales diverses), des tickets service du CCAS, les chômeurs, retraités, étudiants sans ressources, salariés, personnes surendettées.

Il y a 180 adhérents (580 personnes en comptant les membres de chaque famille) dont 46% ont « un reste à vivre » (revenus moins l’ensemble des charges y compris taxe TV, assurance voiture, téléphone, dettes, etc.) inférieur 30FF (seuil de pauvreté fixé par l’OMS ) par jour et par personne et l’on compte 80RMIstes.

MONTAGE FINANCIER

La Cli (Commission locale d’insertion – Conseil Général)

La ville de Roubaix (au titre d’une subvention exceptionnelle) + Contrat de Ville

Macif (compagnie d’assurance ayant pour but d’aider les associations)

La CAF (Caisse d’allocation familiale)

Fondation de France

Carnif Solidarité

Plan Roubaisien d’Insertion (PRI) : programme de financement d’activité d’insertion financé par l’Etat

MONTAGE LEGAL

Activité du Comité de Quartier (association loi 1901).

PARTENAIRES DU PROJET

Les fournisseurs

EPI : base alimentaire sur Norrent-Fontes. Principal fournisseur de l’épicerie.

La Courte Echelle : Epicerie Solidaire - Paris 19e

Andes-Sernoise (Loire) : base alimentaire

Antoine Leroy (Morbecke) : produits fermiers

Réagir : association de maraîchage biologique à Lestrem. Fournisseur de légumes bio et aide au montage du projet jardin

Loosfeld (Roubaix) : grossiste en produits laitiers

Relais et conseiller technique

De proximité : les deux centres sociaux du quartier, le Comité de quartier voisin et l’ensemble des associations du quartier (Union des commerçants, Ferme aux loisirs, ). Association dans la construction et l’évolution du projet.

Institutionnel :

Le CCAS (Centre communal d’action sociale) : partenariat avec les référents RMI ou autres travailleurs sociaux qui participent au Comité de pilotage

La DGAS (Direction générale de l’action santé): organisation d’animation au sein de l’épicerie, donation de matériel

DEROULEMENT DU PROJET

Le principe d’ELIS est basé sur l’approvisionnement auprès des entreprises agroalimentaires, et d’un réseau d’Epiceries solidaires. Les produits proposés ne sont pas commercialisables dans le circuit classique pour des raisons techniques (emballage ou étiquettes défectueux) ou proviennent de dons issus de stock, mais leur qualité reste conforme à la marque.

Le plafond des ressources a été fixé à maximum 45 FF (270Fbs) par jour et par personne de « reste à vivre ».

En fonction du « reste à vivre » est fixé un panier. C’est un montant maximum de la somme mensuelle à pouvoir dépenser au sein de l’épicerie. Cela représente le complément entre le reste à vivre et le plafond de revenu de 45 FF. Ce panier est révisé tous les 3 mois.

L’inscription se fait auprès d’une référente sociale, sous présentation des justificatifs des ressources et revenus. A ce moment, le futur usager signe un contrat où il s’engage à respecter l’éthique d’ELIS (solidarité-qualité-respect – viser à la progression de la participation et l’expression des habitants et notamment les plus exclus, de la qualité du cadre de vie, de l’environnement et de l’accès aux besoins vitaux) et à participer à la vie de la structure. C’est un engagement symbolique car aucune activité n’est obligatoire. La mobilisation des usagers se fait naturellement et progressivement par l’intermédiaire des habitants leader, repérés par rue qui font relais et qui emmènent dans la dynamique un voisin ou un ami.

L’épicerie possède une centaine de références de produits secs et d’hygiène et des produits frais.

L’épicerie livre aujourd’hui de plus petites épiceries démarrant leur projet.

4 bénévoles ont été embauchés au sein de l’épicerie. Et 6 personnes ont été engagées par d’autres structures (associative ou entreprise) grâce au travail en partenariat.

 

Perspectives d’avenir :

Un chantier école se met en place (encadrement fiancé par le PRI) autour de trois pôles :

la création d’un poste en CEC d’animateur (Contrat destiné à un public en difficulté – durée deux ans) pour assurer le fonctionnement quotidien ;

la création d’une boutique de vêtements, deux postes d’agent d’accueil CES (Contrat d’emploi pour personnes en difficultés souhaitant retravailler – durée un an) ;

l’équipe d’autoréhabilitation (logements), 3 postes (un chef d’équipe et deux agents). Il s’agit d’aider des particuliers dans la remise en état ou la conservation de leur habitat. C’est de la formation interhabitants (ne pas faire à la place des habitants, mais les conseiller).

Fiche reproductibilité

ELEMENTS SPECIFIQUES A REPRODUIRE

Confrontée à des difficultés financières et à leurs conséquences (« vivre et militer le ventre vide »), et constatant que d’autres étaient dans la même situation, une habitante a créé une épicerie solidaire. Ce genre d’expérience avait déjà fait ses preuves dans d’autres villes.

L’épicerie est soutenue par la commune via le Centre d’action sociale et par les habitants du quartier via le Comité de quartier.

Ce projet, qui à terme deviendra indépendant, est basé sur un large partenariat entre différents acteurs et est créateur d’emplois et de solidarité entre les habitants du quartier.

EXEMPLES EN REGION WALLONNE – Belgique

En Wallonie, outre les nombreux « magasins à petits prix », il existe quelques expériences qui présentent certaines caractéristiques communes avec les épiceries solidaires françaises. Ce sont les épiceries sociales. Pour la plupart, elles ont été créées, entre autres, pour « aller plus loin que le don » et permettre aux bénéficiaires de choisir et de payer moins cher leurs produits de consommation. La grande majorité de ces épiceries, d’initiatives privées ou publiques, sont gérées par des bénévoles, et quelques unes ont permis la création d’emplois. Il n’existe pas encore de réseau.

En 1995, à Namur, s’est ouvert le Comptoir social d’alimentation « la Fourmi », qui a été fondé par un collectif d’associations caritatives de Namur. Cette épicerie, qui a un registre de commerce et est soumise à la TVA, est gérée par des bénévoles et vit sur fonds propres. Seules les personnes envoyées par les divers services sociaux (CPAS, mutuelles, Forem, aide aux justiciables, …) y ont accès. Il y a une rotation d’environ 200 personnes par an. Les produits proposés (large choix) proviennent de diverses sources.

L’épicerie : rachète des « palettes de casse » (produits dont l’emballage est endommagé,…) à une grande surface (ce qui permet de revendre les produits de marques à 40, 50% moins cher) ; achète en gros dans un grande surface et revend au prix d’achat ; collabore avec le CPAS pour le maraîchage ; avec un grossiste en légume et avec un grossiste en viande.

Ici il n’y a pas d’emploi créé ni de participation des bénéficiaires. Bien que certains bénévoles soient réticents, les responsables souhaitent engager une personne (ils sont à la recherche d’aide financière).

Quelques sections locales de La Croix Rouge ont créé des épiceries sociales. Celle d’Ottignies vend à ½ prix des aliments et produits d’hygiène achetés en gros dans des grandes surfaces, chez un boulanger et un fermier et en donne d’autres (aliments donnés par la CE). C’est le prêt de matériel sanitaire et les diverses actions qui permettent de financer les achats. L’épicerie est principalement gérée par des bénévoles et une personne engagée sous statut PTP. Les bénéficiaires sont envoyés principalement par le CPAS, ONE, les mutuelles et l’Université.

A la différence de La Fourmi de Namur il n’y a pas de registre de commerce et il y a un plafond d’achat par mois. Le plafond est de 600fbs/personne/mois, il augmente suivant le nombre de personnes et diminue au bout d’un an.

Il y a d’autres activités qui se greffent autour de l’épicerie comme par exemple un atelier de cuisine rencontre.

Certains CPAS ont aussi initié ce genre d’expérience ( Estinnes, Huy, …). L’épicerie sociale mise en place par le CPAS de Huy a permis la création d’un emploi pour un ex-bénéficiaire via l’article 60 de la loi sur les CPAS.

Le Resto du Cœur de Mons a aussi son épicerie sociale. La condition pour avoir accès est que la personne ne doit pas disposer de plus de 3.000FB après décompte de toutes ses charges (loyer, téléphone, …) et ce, qu’elle travaille ou non.

ELEMENTS DE REPRODUCTIBILITE

On le constate, bien que les objectifs soient semblables, les situations (fonctionnement, statut, financement, …) de ces expériences comportent quelques différences au niveau :

de l’initiateur(trice) (initiative du privé, du public voire d’un partenariat public-privé) ;

du statut juridique (soumis à la TVA et registre de commerce );

du respect de certaines règles (règles en matière : de distribution gratuite de fruits et légumes ; de distribution de produits donnés par la CE ; d’hygiène, …) ;

de la création d’emplois ;

de l’accès (accès réservé) ;

des accords avec les autres services sociaux, autres partenaires ;

du financement (sur fonds propres, aides publiques, …) ;

des conventions avec des grandes surfaces, marchés, brasseries, banques alimentaires, …

Pistes de financement, d’information, …

Il existe quelques pistes quant aux aides (financières, formations, …) pour ce genre de projet comme, par exemple :

la base de données sur les aides du site ecoconso

les bourses de pré-activité de la Région wallonne. Ce système accorde un soutien aux phases préliminaires (études, élaboration et mise en forme) pour lancer une activité basée sur une idée originale ;

les chèques création de la Région wallonne qui sont « une aide pour les particuliers en amont de la création d’activité. L’objectif est de favoriser l’installation des travailleurs indépendants et l’émergence de très petites entreprises » ;

le prêt chômeur ;

le système des épargnes solidaires (association de personnes qui mutualisent leurs économies, en versant x francs par mois, pour soutenir, monter un projet) ;

les soutiens accordés par des acteurs comme la Fondation Roi Baudouin ;

les prêts, participation au capital et garantie bancaire de SOWECSOM ;

le Forem et l’université de Namur ont ouvert un site sur les mesures d’aide à l’emploi et à la formation ;

la formation-accompagnement en création et développement d’entreprise (gratuite) organisée par le Centre UNIversitaire de Charleroi (CUNIC);

le guide à la création d’une entreprise de la Région wallonne (DGEE) ;

On peut aussi faire appel aux agences conseil en économie sociale qui sont subventionnées pour élaborer et mettre en œuvre de tels projets.

L’agence conseil en économie sociale « Archipel » étudie actuellement la possibilité de reproduire le concept d’épicerie solidaire à la française en Région wallonne. L’objectif principal est, ici, la création d’emplois pour personnes défavorisées. Des projets pilotes devraient être lancé dans plusieurs communes, notamment via les CPAS.

Divers éléments sont a l’étude, notamment :

le partenariat avec des groupes agro-alimentaires

le public cible (idée : public du CPAS ou identifié par le CPAS) ;

les conditions d’accès (en France certaines épiceries demandent à voir la feuille d’impôts) ;

Les aspects de concurrence.

Le centre d’entreprise d’économie sociale Archipel peut également héberger et accompagner des sociétés qui souhaitent se lancer.

Palavras-chave

luta contra a exclusão, inovação social, inserção social, inserção profissional, desenvolvimento local, economia social, economia solidária, intercâmbio do saber


, Franca, Roubaix

dossiê

Innovation sociale en matière de lutte contre l’exclusion sociale via le logement et l’insertion socio-professionnelle

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QUELQUES REFERENCES-ADRESSES UTILES

FRANCE – Epicerie solidaire

Association Nationale de Développement des Epiceries Solidaires (ANDES), Champ Rouage,4 à 58000 Sermoise (France). Tél. : 00.33.3.86.37.69.40 , e-mail :épiceries solidaires

Cecile Thys, Alimentation, droits et citoyenneté, dans Territoires, n°414, janvier 2001, France, pp.31-34

FPH, Entreprendre en milieu défavorisé, Dossier à fenêtre n°66, Paris, 4-5 octobre 1994

BELGIQUE - Epicerie sociale

Comptoir social d’alimentation la Fourmi – rue Saint Nicolas, 82 – 5000 Namur – Tél. : 081.23.01.94

Epicerie sociale de la Croix Rouge d’Ottignies – rue de Franquenies, 10 – 1340 Ottignies – Tél. : 010.41.07.41

Le Petit Marché – CPAS de Huy – Porte des Maillets, 2-4 – 5200 Huy – Tél. : 085.24.02.21

Epicerie sociale – Resto du Cœur – Sentier Malaquin, 2b – 7000 Mons – Tél. : 065.34.63.77

BELGIQUE – Divers

Archipel - 41 rue de Trazegnies – 6031 Charleroi – Tél. : 071.32.13.57 – mail : archipel

Fédération belge des banques alimentaires – rue de Glasgow, 16 – 1070 Bruxelles – Tél. : 02.522.97.00

Le site de la DGEE de la Région wallonne sur lequel on peut trouver, par exemple, la banque de données MIDAS qui recense les aides publiques de type économique, ou encore le Guide de la création d’entreprise (aides des pouvoirs publics, engager du personnel, …)

Téléphone vert de la Région wallonne 0800-11901

Bourse de préactivité – Formulaire de demande d’aide disponible à la Direction Générale des Technologies, de la recherche et de l’énergie – Division des aides aux entreprises – av. Prince de Liège 7 – 5100 Jambes – Tél. : 081.33.55.60

SOWECSOM – av Destenay, 13 – 4000 Liège – Tél. : 04.2219848 – Fax : 04.221.99.99

BELGIQUE - Réglementation

Pour la distribution gratuite de fruits et légumes - Ministère des classes moyennes et de l’agriculture-Service contrôle des interventions et aides UE – WTC3 – Bd S.Bolivar, 30 – 1000 Bruxelles – Tél. : 02.208.38.79

Bourses de préactivité – Décret – Arrêté d’exécution 

Fonte

Entrevista

AUTEUR DE LA FICHE

Marie Leman, Animateur de Projet Local

AUTEUR MORAL

Comité de Quartier Fresnoy-Mackellerie – Roubaix - France

COORDONNEES UTILES

ELIS, rue d’Epinal 2 à 59100 Roubaix (France). Tél. : 00.33.3.20.26.40.39

Comité de quartier Fresnoy-Mackellerie, rue de Mouvaux, 71/1, BP70041 à 59051 Roubaix CEDEX 1 (France). Tél. : 00.33.3.20.68.07.53

Habitat et Participation - Place des peintres 1/004, 1348 Louvain-La-Neuve, BELGIQUE - Tél. (32) 10 45 06 04 - Fax (32) 10 45 65 64 - Bélgica - www.habitat-participation.be - hep (@) tvcablenet.be

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