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Des conséquences de la décollectivisation en Chine dans les domaines de la santé et de l’éducation : le cas de Bozhou (province du Anhui)

Sylvie DIDERON

04 / 1993

Depuis 40 ans, la Chine a connu un développement spectaculaire de son économie. Le bien-être et le niveau de vie de la population ont été nettement améliorés. En témoignent l’augmentation de la durée moyenne de vie, la baisse du taux de mortalité infantile, la croissance du revenu moyen par habitant.... Tous les Chinois, ruraux ou citadins, s’accordent sur ce sujet. Pourtant, à la fin de la décennie 80, les agriculteurs se plaignent: "Les médicaments coûtent trop cher, nous n’en achetons qu’en dernier recours (c’est-à-dire en cas de risque de décès imminent)", "Ma fille n’a été qu’une année à l’école primaire, je ne l’y envoie plus, c’est trop cher". Cette fiche a pour objectif de présenter quelques situations soulevant le problème de l’engagement ou du désengagement actuel de l’Etat dans la prise en charge sociale, notamment des agriculteurs.

1. Bozhou possèdent plusieurs hôpitaux pratiquant la médecine traditionnelle chinoise ou bien la médecine occidentale (chimiothérapie). Ces hôpitaux sont situés dans le chef-lieu de canton, une ville de 100.000 habitants (petite taille pour la Chine). La plupart ont été construits les vingt ou trente dernières années, quelques uns dans les années 50. Dans la campagne environnante (1.000.000 d’habitants en tout dans le canton), de multiples dispensaires ont été mis en place pendant les trente dernières années également.

Monsieur Wang a 35 ans et souffre de troubles d’estomac depuis des années. Il a déjà été en consultation au dispensaire mais il y a foule, les soins sont chers, il faut ensuite aller acheter les médicaments en ville et, de plus, les soignants n’ont jamais fait d’études médicales ou para-médicales. M.Wang préfère supporter ses douleurs et attendre. Jusqu’au jour où il va si mal -il ne peut plus s’alimenter, plus travailler- que sa femmme sollicite toute la famille et les relations pour lui prêter de l’argent et l’emmener à l’hôpital du chef-lieu. Là, il n’y a pas de lit disponible. La famille apporte donc un lit de bambou pour installer le malade. Sa femme reste en permanence avec lui pour acheter ses repas à l’extérieur -les repas ne sont pas servis à l’hôpital- et lui servir d’infirmière. Pendant ce temps, qui s’occupe des terres? Surtout, la journée d’hôpital coûte 50 yuans (1 yuan= 0,2 US$)soit 50 kg d’engrais ou une charrue ou 1/4 de bicyclette! Or rien n’est pris en charge par l’Etat. Tout sera tenté pour sauver M.Wang, en vain. Après son décès, sa femme, avec trois enfants, doit rembourser environ 2.000 yuans soit beaucoup plus qu’elle ne peut gagner en deux ans.

Pendant la collectivisation, les soins de santé étaient gratuits pour les paysans, comme ils le sont toujours actuellement pour les fonctionnaires. Ils étaient en fait pris en charge par la collectivité locale -l’équipe de production- qui constituait pour cela des "fonds de bien-être" en prélevant chaque année une partie de la production.

2. Avant 1949, l’éducation était réservée aux plus aisés. Les écoles étaient rares, pour la plupart privées et chères. Actuellement, chaque village de Chine, y compris dans les endroits les plus reculés, a son école. Certaines sont soignées, propres, très bien équipées de bancs, de tables, de jeux comme dans les environs de Pékin. D’autres d’un confort beaucoup plus rudimentaire comme à Bozhou où les fenêtres ne possèdent pas de carreaux, où le sol est de terre battue, les murs de briques brutes et où chaque élève doit apporter son propre siège. Mais on compte une école primaire pour 2000 habitants environ et les bureaux sont de bois et non de terre battue comme il y a vingt ans encore. Pourtant, il y a vingt ans, l’éducation était quasi gratuite pour la famille. La collectivité subventionnait les frais de scolarité pour tous. Effectivement, le taux d’alphabétisation a nettement augmenté. Mais depuis les réformes, la prise en charge par l’Etat et les collectivités locales de l’enseignement a diminué. A la fin des années 1980, les frais semestriels de scolarité approchent les 30 yuans par semestre à Bozhou pour l’école primaire et s’élèvent à 60 yuans pour le collège. 80% des filles quittent l’école primaire avant la fin. En effet, le coût des études devient prohibitif or leur main-d’-oeuvre est précieuse sur l’exploitation.

Palavras-chave

meio rural, saúde, medicina, medicina preventiva, medicamento, educação, educação popular, coletivo local, desenvolvimento rural, deferenciação social, escola, política de educação, política de saúde, papel do Estado, saúde pública


, Ásia, China, Anhui

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Le problème de la cherté des frais de santé et de scolarité pour les paysans n’est pas du tout spécifique à Bozhou. Cette situation est générale en Chine et particulièrement critique pour les régions ou les familles les plus pauvres. L’accès à l’instruction est différenciel: entre villes et campagnes, entre familles. Les principales causes en sont que, s’il est obligatoire, l’enseignement est aussi payant et que les conditions matérielles d’études (équipement,..)sont très différentes suivant le développement et les facilités d’accès à la région. S’il a réussi à accéder à l’enseignement supérieur, l’étudiant d’origine paysanne peut recevoir une bourse. Mais ce n’est qu’en 1990 que, pour la première fois de mémoire d’homme, un habitant de Loumen a réussi le concours d’entrée à l’université!

Notas

Ma thèse (Institut National Agronomique Paris-Grignon; en cours)résulte d’un travail de recherche de terrain, d’observations et d’enquêtes menées auprès des acteurs de l’agriculture locaux: paysans, cadres,...dans plusieurs districts chinois.

Fonte

Tese e memoria

DIDERON, Sylvie, INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE PARIS-GRIGNON, 1993/00/00 (Suisse)

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