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L’agriculture indienne, un secteur encadré par l’Etat, mais au profit surtout des consommateurs

Frédéric LANDY

11 / 1993

EN 1947, l’Inde devenue indépendante devait faire son choix en matière de développement. Le Premier Ministre Nehru, très occidentalisé et d’inspiration marxiste, était partisan du développement d’industries de base dans un cadre national - un peu à la manière stalinienne. Un autre champ de pensées était représenté par Gandhi, adversaire de l’industrie et des villes en tant que modernités corruptrices des campagnes: pour le Mahatma, c’était sur l’agriculture et les industries rurales que devait se fonder l’Inde nouvelle. Ce fut cependant Nehru qui imposa ses idées - au moins jusqu’au début des années 1960. Jusque là en effet, l’essentiel des investissements dans le cadre de la planification alla à l’industrie. L’agriculture ne bénéficia que de la portion congrue, si l’on excepte certaines réformes agraires et les mesures prises à partir de 1957 pour faire élire au suffrage universel des conseils de village ("panchayat")et répandre la démocratie jusque dans les campagnes.

Ce n’est véritablement que lors de la terrible alerte alimentaire de 1965-66 que l’agriculture acquit une certaine priorité. Il s’agissait désormais d’augmenter la production agricole afin de constituer des stocks tampons et de moins dépendre de l’aide internationale: ce fut la Révolution verte, fondée sur la trilogie irrigation-engrais chimiques-variétés améliorées.Aujourd’hui, cette autonomie ("self reliance")si recherchée est à peu près atteinte. L’Inde parvient à exporter du blé et même du riz les bonnes années:entre 1950 et 1990,la production de riz a été multipliée par 3, celle de blé par 8, grâce à une hausse des rendements plutôt que par l’extension des surfaces.

L’encadrement par l’Etat a joué un rôle positif. De lourds investissements ont été réalisés (barrages). Semences et engrais sont vendues à des prix subventionnés, soit par le secteur privé, soit par des "coopératives" (qui ne le sont guère dans les faits). Le crédit en milieu rural a été développé, surtout après la nationalisation des banques en 1969: les succursales se sont multipliées dans les petits bourgs, offrant un crédit à long terme qui concurrence victorieusement l’usure traditionnelle, tandis que les "coopératives" prêtent à court terme, en numéraire ou en intrants, des montants remboursables après la récolte. New Delhi, relayé par les gouvernements des Etats de l’Union, a également lancé des programmes de développement rural en direction des plus pauvres: un des plus important est le Programme de Developpement Rural Intégré (IRDP)qui permet d’acquérir qui un attelage de zébus, qui une charrette, qui une bufflesse dont le lait sera une source de revenu. Lancé à l’origine pour diversifier le tissu économique des campagnes (petites industries), l’IRDP n’a vraiment connu le succès que dans le domaine de l’élevage laitier. Pour le reste, même avec de fortes subventions pour les Harijan (ex Intouchables)et les tribaux, les réticences à s’endetter ont été les plus fortes face aux incertitudes de l’investissement et les erreurs (voire les fraudes)de l’administration.

L’aide à l’agriculture s’est faite par des intrants bon marché,mais sûrement pas par des prix de vente avantageux. Dans le cadre d’une "low-cost economy", il convenait que les consommateurs disposent en effet des grains bon marché. Deux méthodes furent employées: d’une part, les frontières jusqu’à peu étanches permirent de garder le prix des céréales inférieur aux cours mondiaux; d’autre part fut construit le Système de Distribution Publique (PDS): chaque année sont définis, en plus de prix minima ("support prices")en dessous desquels le marché ne peut descendre, des prix auxquels l’Etat s’engage à acheter la production de tout agriculteur qui le souhaite ("procurement prices"): ils servent ainsi à alimenter des stocks-tampons. Ceux-ci peuvent être utilisés en cas d’alerte alimentaire (la dernière remonte à 1973)et limitent donc la dépendance du pays envers la mousson. Ils sont aussi écoulés par l’interméiaire de boutiques de rationnement ("Fair Price Shops")où peuvent venir s’approvisionner les pauvres, qui bénéficient alors de très bas prix (pour des produits de qualité il est vrai très moyenne).

Palavras-chave

estratégia alimentar, agricultura, desenvolvimento rural, papel do Estado, alimentação, política agrícola


, Índia

Comentários

A l’échelle nationale, cette politique peut sembler un succès. L’Inde exporte aujourd’hui du blé, et même souvent du riz. Mais des contrastes existent entre des Etats gros producteurs (Panjab, Haryana)et d’autres à la traîne (Madhya Pradesh, Nord-Est). Descendons à l’échelle régionale: on constate de semblables écarts. En outre, un village bordant un canal d’irrigation cultivera riz et canne à sucre, tandis que son voisin pourra se contenter de pauvres cultures pluviales. Descendons encore: au sein d’un même village, des familles aisées côtoient des sans-terres misérables. Et dans une même famille, les hommes adultes pourront bénéficier d’une meilleure alimentation par rapport aux enfants et aux femmes, lesquelles prennent leurs repas en dernier. En outre, toute la politique alimentaire de l’Inde, fort coûteuse, risque d’être bouleversée par l’ajustement structurel que subit actuellement l’Inde sous l’égide du FMI.

Notas

Cette fiche a été élaborée à partir de ma thèse qui doit être publiée en 1994 sous le titre : "Paysans de l’Inde du Sud", chez Karthala.

Fonte

Tese e memoria

LANDY, Frédéric

Université de Paris 10 (Centre d’étyudes de l’Inde et de l’Asie du sud) - 59 Rue Bazire, 76300 SOTTEVILLE LES ROUEN. FRANCE. Tel 33 (0) 140 97 75 58. Fax 33 (0) 140 97 70 86 - Franca - frederic.landy (@) wanadoo.fr

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