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Solidarité active du Diocèse San Cristobal de Las Casas avec les réfugiés du Guatemala

Samuel RUIZ

10 / 1994

Pendant l’année 1982, la guerre civile au Guatemala a provoqué la migration massive de la population paysanne (environ 40.000 personnes), en majorité indigène, vers le Mexique, pays voisin, où elle s’est établit majoritairement dans une région relevant du diocèse San Cristobal de Las Casas.

Face à cette situation d’urgence, le diocèse a considéré qu’il était de toute première importance de créer une Commission spéciale, chargée du suivi de ce problème, en sus de l’aide concrète d’urgence, nécessaire dès les premières installations. Par la suite, cette Commission a pris forme sous le nom de « Comité Chrétien de Solidarité », instance diocésaine chargée des réfugiés guatémaltèques victimes de la guerre.

Dans une première étape, nous avons répondu aux besoins les plus urgents : alimentation, santé, logement, habillement, en orientant les secours qui arrivaient de diocèses solidaires ou issus de la solidarité internationale. Après avoir fait face à la situation d’urgence, le travail pastoral commença à se structurer grâce à la mobilisation des catéchistes, des représentants de groupes, des promoteurs de la santé, de l’éducation etc. La coordination des divers travaux au niveau communautaire avait pour objectif de consolider les capacités d’auto-organisation de la communauté réfugiée, tout en respectant profondément sa culture.

Les cultures mayas sont caractérisées par un très fort esprit communautaire et un contact particulier avec la nature, une appartenance identitaire solidement ancrée et une spiritualité profonde. En général, les Indiens mayas ignorent l’individualisme.Ils pensent en termes de communauté et c’est à travers elle qu’ils résolvent leurs problèmes. Le groupe participe aux travaux pour le bien de tous et se rassemble pour dialoguer et se mettre d’accord lorsqu’il s’agit de la souffrance de ses membres, ou de sa famille. En partant d’une approche chrétienne, d’autres activités répondant aux besoins prioritaires ressentis par la population ont été mis en place, parmi lesquelles principalement la scolarisation des enfants. C’est la communauté réfugiée elle-même qui a désigné les personnes ayant le niveau d’études approprié pour faire ce travail de promotion de l’éducation : cette implication a eu un effet démulticateur qui dure jusqu’aujourd’hui et qui s’est traduit par une appropriation de plus en plus importante du processus éducatif.

D’autres activités communautaires ont été encouragées, parmi lesquelles le travail artisanal par des femmes qui a servi d’articulation et de renforcement de l’identité culturelle tout en fournissant une source de revenus pour les familles. Par la suite, et grâce à l’initiative de la population, le travail collectif de semailles de base (maïs et haricots)a été développé ainsi que les coopératives d’autoconsommation, afin de résoudre le grand problème du ravitaillement, partiellement dû à l’isolement dudiocèse, situé dans une région difficile d’accès. En même temps, le diocèse appuyait aussi des initiatives de création d’ateliers de confection de vêtements et de chaussures, pour les besoins de première nécessité, mais également de petites unités artisanales (menuiserie, boulangerie etc..)qui, d’une manière ou d’une autre, pouvaient aider à la réorganisation de l’économie familiale. A l’origine de tout projet communautaire et lors de sa mise en place, une réflexion nourrie et cautionnée par toute la communauté se développe à partir de la foi : le processus et les réalisations concrètes sont l’expression d’un engagement chrétien de participation et de solidarité communautaires.

Au cours des ces années difficiles de mobilisation (1982-1985), il faut rappeler que le gouvernement mexicain, à travers la police judiciaire fédérale, n’a pas cessé d’exercer des pressions sur les réfugiés pour qu’ils repartent chez eux; des incursionsde l’armée guatémaltèque en territoire mexicain ont même été organisées. Pendant toute cette période, le diocèse de San Cristobal de Las Casas a joué un rôle fondamental pour la défense des droits humains des réfugiés et déplacés guatémaltèques : d’aborden dénonçant sans relâche les mauvais traitements dont les populations civiles étaient victimes, et en diffusant partout ces informations tant auprès des plus hautes sphères gouvernementales qu’au niveau national et international. Les objectifs du travail diocésain ont toujours eu comme axe principal la reconstruction des communautés, basée sur leur propre organisation, le maintien de leur identité culturelle, et la formation/qualification de ses membres afin qu’à leur retour dans leur pays, ils puissent devenir des sujets capables de bâtir un nouveau Guatemala, plus juste et solidaire.

Au terme de plusieurs mois de négociations et de nombreuses réunions difficiles, des accords ont pu être signés entre la Commission Permanente (organe représentant les réfugiés élus par leur propre communauté)et le gouvernement du Guatemala. C’est ainsique le 20 janvier 1993, un premier retour collectif a pu être organisé, dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Le processus de retour des réfugiés et déplacés est apparemment devenu irréversible. Il reste toutefois beaucoup à faire pour que toutceux qui le désirent puissent effectivement retourner chez eux, dans des conditions de sécurité, de dignité et avec des perspectives claires de développement.

Palavras-chave

refugiado, organização comunitaria, igreja, negociação, autoconstrução, solidariedade


, México, Guatemala

dossiê

Expériences et réflexions sur la reconstruction nationale et la paix

Notas

L’auteur de la fiche est l’évêque de San Cristobal de Las Casas, localité du Chiapas. Personnage public de grande notoriété au Mexique, Monseigneur Ruiz a joué un rôle déterminant de médiateur depuis le déclenchement de l’insurrection du Chiapas par la guérilla zapatiste. Texte traduit de l’espagnol.

Fiche rédigée à partir d’un document envoyé suite à l’appel international à contribution lancé par la FPH pour l’organisation de la rencontre internationale sur la reconstruction du Rwanda (Kigali, 22-28 octobre 1994) co-organisée par la FPH et le CLADHO (Collectif des Ligues et Associations de défense des Droits de l’HOmme).

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