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La préparation d’un camp de vacances et d’éducation à la paix pour les enfants des zones touchées par un conflit armé

Ina RANSON

10 / 1996

Les enfants vivant dans les zones touchées par un conflit armé souffrent de conditions très anormales pour leur développement psychique et intellectuel. Pourtant, ce sont eux qui devront reconstruire une société de paix où l’image de l’ennemi pourra être surmontée.

Lors d’une rencontre internationale, en janvier 96, les membres de plusieurs organisations non gouvernementales de la Géorgie, de l’Ossétie du Sud, de l’Abkhasie, de la Bulgarie et de l’Allemagne ont exprimé le désir de réaliser un camp de vacances pour des enfants venant des différents pays ou zones de guerre. Julia Kharashvili, responsable de l’organisation et mandatée par HCA local et international ainsi que par l’association des femmes réfugiées (IDP, Internal Displaced Persons)explique:"L’idée de ce projet fut de donner aux enfants en provenance des zones de conflit l’occasion de se rencontrer dans un territoire neutre, de leur permettre de réfléchir ensemble sur leurs difficultés, de leur faire découvrir qu’ils n’étaient pas des ennemis. Ils devaient avoir une chance de tout recommencer à partir de zéro. En janvier, notre projet sembla presque impossible à réaliser. Mais début mai 1996, nous avons enfin reçu une lettre du "Centre pour une Education Ouverte" de Sofia, en Bulgarie ; ce centre qui est financé par la Soros Foundation invita, pour 15 jours, 25 enfants venant des zones de conflit en Géorgie, en Ossétie du Sud (région de Tskhinvali)et en Abkhazie. Le camp devait commencer dès le 5 juin ! Nous avons alors tout de suite contacté nos partenaires: à Soukhoumi, un centre de réhabilitation psychologique des victimes de la guerre, à Tskhinvali, le "palais d’art d’enfants" d’où nous avions reçu de nombreuses lettres et dessins. Tout notre comité de rédaction de la revue s’est engagé dans les préparatifs. Il fallait trouver très vite 25 enfants, âgés de 10 à 15 ans, 10 filles et garçons géorgiens, réfugiés d’Abkhasie et de la région de Tskhinvali, puis 6 enfants envoyés par l’Ossétie du Sud et 9 enfants envoyés par l’Abkhasie. Nous n’avions pas de critères ethniques : le groupe géorgien comprend aussi des Russes et le groupe abkhase des Arméniens et des Géorgiens. Il fallait inviter ceux qui en avaient le plus besoin et qui avaient montré, par leur contribution à notre journal d’éducation à la paix, qu’ils pouvaient devenir des hommes et des femmes de paix. C’est donc grâce aux contacts établis par le journal d’enfants que nous pûmes surmonter les très grandes difficultés de communication, en utilisant de nouveau les canaux de l’UNHC et de l’UNICEF. Le problème le plus important fut d’obtenir des papiers pour les petits abkhases, considérés par Tbilissi comme des citoyens de la Géorgie, mais par Soukhoumi comme citoyens d’un nouvel état indépendant. Mais nous trouvions beaucoup d’appuis, parfois même inattendus. Nos arguments qu’un tel camp pouvait porter des fruits, dans l’avenir, dans un processus de paix semblaient convaincre aussi les milieux officiels.

Le financement du voyage fut assuré par "Open Society Georgia" qui fait partie de la Soror’s Foundation. Elle nous aidait aussi pour des questions d’organisation. J’aimerais souligner l’engagement particulier des gens d’UNV."

C’est grâce à la coopération efficace de plusieurs organisations internationales et surtout grâce à l’énergie contagieuse de Julia Kharashvili, que ce camp a pu être organisé en l’espace d’un mois. L’invitation d’une institution bulgare "Centre pour une Education Ouverte" (financée par la Soros Foundation)était venue début mai, et le camp eut lieu entre le 5 et le 23 juin, à Nesebar, près de Burgas, en Bulgarie. L’organisation d’une telle rencontre fut aussi une première pour le centre bulgare. Spécialisés dans le domaine de la résolution des conflits, avec des enfants et des jeunes, les responsables du camp y étaient biens préparés. Ils avaient mis sur pied un programme très varié : des après-midi à la plage, des excursions dans les environs, des jeux d’entraînement à la résolution des conflits.

Les trois groupes d’enfants qui, accompagnés par des pédagogues abkhases, géorgiens et ossètes, étaient venus séparément, avaient d’abord quelque mal à entrer en contact. Mais la glace fut très vite rompue. "Nous sommes tous devenus des amis ! dit Kostia, de Tskhinvali. Nous avons échangé plein d’adresses. Moi, je vais écrire à un ami à Tbilissi et à un ami à Soukhoumi."

Après le retour par Tbilissi, les groupes géorgien et ossète s’étaient retrouvés une dernière fois dans le bureau de l’UNDP. Les petits abkhases n’y avaient pas été autorisés. Mais vu les tensions toujours très grandes entre les instances officielles de Tbilissi et de Soukhoumi, l’autorisation d’envoyer des enfants à un camp d’éducation à la paix peut être considérée comme une avancée très importante. "Il s’agit du premier projet réalisé en commun par des ONG géorgiennes et abkhases. Il constitue donc le début d’une coopération à long terme, "espère Julia Kharashvili. "Le premier objectif de ce camp a été de changer et de refuser l’image de l’ennemi dans la mentalité des enfants. Je crois que tous les enfants reviennent heureux et unis par un vécu commun. Il s’agit maintenant de préserver l’esprit de ce vécu. Nous allons essayer d’y travailler aussi par notre revue pour enfants. La réussite de ce camp d’éducation à la paix peut contribuer à la réhabilitation psychique non seulement des enfants, mais aussi de l’opinion publique. Si les gens des deux côtés voient qu’il est possible de faire quelque chose ensemble, ils s’ouvriront peu à peu. Le rôle des enfants dans un processus de paix peut être très important !"

Palavras-chave

educação a paz, construção da paz, passagem da guerra a paz, criança, representação do inimigo


, Bulgária, Geórgia, Cáucaso, Ossétia, Abecásia, Ossétie-du-Sud

Comentários

C’est l’idée de faire quelque chose en commun pour l’avenir des enfants qui rendit possible le premier projet commun entre les zones en conflit. L’expérience de l’organisation du camp montre des aspects intéressants du rôle que peuvent jouer des ONG internationales.

Notas

Entretien avec KHARASHVILI, Julia

Fonte

Artigos e dossiês ; Entrevista

<UNICEF/UNVChildren's Magazine>, Julia Kharashvili/Editor, Eristavi Gamziri 9, 380079 TBILISSI, Republic of Georgia. Tél. + 995 32 98 23 28 93 56 45 99 85 52. Fax + 995 32 95 44 97. E-mail : giatm/cipdd.ge

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