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Le rôle de l’Etat dans le développement : une réaction latino-américaine

La compétence des bureaucraties asiatiques a donné du prestige à la fonction publique, alors que les positions ultralibérales ont enlevé tout caractère prestigieux au statut de l’Etat

Pierre JUDET

09 / 1996

Après un exposé de Pierre Judet sur le rôle de l’Etat dans le développement asiatique, le Docteur Benniger, ancien ministre du gouvernement chilien, a fait les remarques suivantes :

"Il est vrai que l’Etat est un acteur de premier plan. Mais, à la différence de l’Amérique Latine, les Pays asiatiques bénéficient sans aucun doute de meilleures performances en matière de qualité de vie, de distribution du revenu, de résultats sociaux, d’emploi et d’inflation.

Plus important encore, l’Asie a mis l’accent sur l’éducation en donnant la priorité (contrairement à l’Amérique Latine)à l’enseignement primaire et secondaire alors que l’Amérique Latine a donné la priorité aux élites et à la préparation aux Professions Libérales.

Les exemples asiatiques montrent que la "croissance avec équité" est possible et que l’on peut construire rapidement une base productive viable.

A propos du rôle de l’Etat, il apparaît qu’en Asie, l’Etat "construit le développement" ; qu’il n’y a pas dichotomie entre l’Etat et les entreprises privées mais complicité. Il n’existe pas de frontière étanche, ce qui permet des actions conjointes en vue de la réalisation d’objectifs nationaux en fonction desquels on sanctionne ou on récompense.

En Amérique Latine, où la tradition occidentale domine, le débat sur le rôle de l’Etat est plus doctrinaire qu’en Asie.

A gauche, on est anti-capitaliste et anti-entreprise privée ; à droite, on est anti-Etat et pro-entreprise privée. C’est cristallisé et rigide.

Tandis qu’à gauche, l’idéologie dure a disparu, la droite est acquise au néolibéralisme qui a pris pour cible l’Etat, si bien qu’il n’y a pas de possibilité de collaboration.

L’Asie est faite de sociétés traditionnelles autoritaires, hiérarchisées où l’on a le respect des ancêtres ; où le pouvoir est constitué suivant une tradition millénaire.

Dans les sociétés américaines, on a affaire à des leaders charismatiques ainsi qu’à l’instabilité politique. Il s’agit d’Etats faibles peu capables de résister aux différentes pressions. Le populisme, qui est en butte aux pressions quotidiennes, donne l’illusion qu’on peut arriver au progrès avec un coût nul, alors que le taux d’épargne national est beaucoup plus faible, si bien que le transfert des modèles asiatiques est difficile.

Le populisme a enlevé tout prestige à l’Etat qui devient un "Etat minimum" de telle façon que les chocs y deviennent cumulatifs.

La compétence des bureaucraties asiatiques a donné du prestige à la fonction publique (même si le Japon paye parfois un prix élevé en termes de corruption); alors que les positions ultralibérales ont enlevé tout caractère prestigieux au statut de l’Etat. Le problème est de retrouver des statuts de "Serviteurs de l’Etat".

Les Asiatiques ont développé des modèles exportateurs grâce à la construction de nouveaux avantages comparatifs ; mais ils ont su jouer à la fois, pour assurer leur succès industriel, sur l’exportation et sur la substitution à l’importation. Ces succès sont liés aux interventions de l’Etat qui ont contribué à faire émerger de nouveaux avantages comparatifs. Les interventions de l’Etat sont sélectives ; elles ont un caractère transitoire et elles favorisent la concurrence ; elles favorisent les performances, jamais le monopole.

En Amérique Latine, la culture démocratique s’est traduite par une très large extension de la protection (à tous ceux qui avaient les moyens de se faire entendre), qui n’a pas su être transitoire contrairement aux prescriptions de Frederic List, éconmiste allemand.

Le "Capitalist Developmental State "(le capitalisme développeur)demeure absolument valable. Son application en Amérique Latine exige un Etat fort, capable d’imposer la mise en oeuvre des décisions prises ; cela exige également la transformation des rapports entre l’Etat et les entreprises : vers des relations d’association et de confiance.

Enfin, une vision de l’avenir est absolument indispensable : ce qui a manqué aux pays andins. Le concept de planification est à revoir. Il faut aller vers des visions d’ensemble, de type stratégique susceptibles d’intégrer l’ensemble des acteurs : académiques, industriels, agricoles...

L’intégration dans une vision nationale d’avenir est aujourd’hui un exercice politique de première importance afin de construire un vaste consensus de base".

°

Palavras-chave

Estado, intervenção do Estado, ensino público, sistema de valores, cultura e desenvolvimento, custo de produção, corrupção


, Ásia, América Latina

Notas

Intervnetion lors d’un colloque à Santiago du Chili, organisé par la fondation Ebert

Fonte

Actas de colóquio, seminário, encontro,…

1994/07/15 (France)

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