Chamada

a contribuições

Dossiês em preparação

2008 / 2009

- Povos indígenas - Atingir a sustentabilidade pelas filiais: da produção ao consumo

español   français   english   português

dph participa da coredem
pt.coredem.info

buscar
...
diálogos, propuestas, historias para uma cidadania mundial

L’intermédiation de ECOBANK Bénin pour la mise en oeuvre des actions de la BEI dans le cadre de la coopération financière UE/Bénin.

Désiré AIHOU

01 / 1999

ECOBANK Bénin, comme son nom l’indique, est une institution financière bancaire, filiale du groupe ECOBANK dont le siège est à Lomé au Togo. Elle a été créée à l’initiative des Chambres de Commerce et d’Industrie des Pays de l’Afrique de l’Ouest avec un appui des chefs d’Etat de la sous-région, qui s’est concrétisé par la participation de la CEDEAO dans le capital de la banque. Cette création bénéficie de l’appui technique de City Bank qui fait partie des partenaires. ECOBANK s’est donnée pour mission de financer les échanges commerciaux entre les pays de la CEDEAO et le reste du monde, de participer au financement du développement des pays de la CEDEAO. Aujourd’hui le groupe est présent au Togo avec son siège et une filiale, et des filiales au Bénin, au Burkina, en Côte-d’Ivoire, au Mali, au Nigéria. Il a reçu des agréments pour ouvrir prochainement des filiales au Cameroun, en Guinée, au Liberia, et au Sénégal.

La filiale ECOBANK Bénin a été créée le 28/03/1990. Très rapidement elle s’est imposée comme une grande institution financière, car elle occupe la 2e place (après la BOA)en terme de part de marché. Toutefois, ECOBANK n’a pas encore les moyens de financer des activités de développement sur le long terme car elle n’a pour l’instant, à l’instar de toutes les banques de la place, que des ressources à court terme. C’est ainsi que le gouvernement béninois, conscient de l’inexistence d’une banque de développement au Bénin, a apporté son appui à la demande de mise à disposition d’une ligne de crédit, faite par ECOBANK auprès de la BEI. Désormais ECOBANK Bénin est utilisée comme un intermédiaire dans la mise en oeuvre de la coopération financière entre l’ UE et le Bénin.

C’est par l’intermédiaire de ECOBANK Bénin que sont financées les actions de la BEI qui, dans la logique d’une institution financière, vise surtout les activités génératrices de revenus. La BEI apporte notamment son appui à la réalisation d’investissements privés dans des secteurs d’activités préalablement déterminés par convention entre le gouvernement béninois

et la BEI et intégrés dans le PIN. La ligne de crédit destinée à financer ces activités est alors mise à la disposition de ECOBANK. C’est à elle que les clients s’adressent d’abord en tant qu’institution financière qui les oriente vers le financement de la BEI. Dans une certaine mesure, les clients passent à travers deux grilles de sélection : une première grille conforme aux critères propres à ECOBANK (être client fiable de la banque, avoir un projet viable selon les critères d’évaluation de la banque et rentrant dans le cadre des compétences de la banque, avoir un avis favorable du comité de crédit)et une seconde grille conforme aux conditions de la BEI, car c’est elle qui, en dernier ressort, approuve ou rejette le dossier. A ce deuxième

niveau aussi le mécanisme exige des conditions draconiennes. Il faut obtenir l’accord du ministre des Finances car toute demande de crédit doit être conforme aux objectifs de développement du pays. Ensuite, il faut faire se déplacer un consultant indépendant qui apporte son assistance technique pour la formation des animateurs et la rédaction des conventions. La rémunération de ce consultant est préfinancée par ECOBANK qui se fait rembourser plus tard sur les intérêts perçus. Si le dossier est accepté et la convention signée, le décaissement se fait par le système de facture pro-forma. C’est sans doute pourquoi les dossiers sont rejetés si le matériel n’est pas européen.

De manière générale la coopération avec la BEI comporte de grands avantages. D’abord elle permet à ECOBANK de financer des projets qu’elle ne pourrait pas financer sur ses ressources car la réglementation bancaire impose un plafond de 25% de ressources pour les financements à moyen terme. Alors que la BEI accorde des crédits à moindre coût sur une longue durée (15 ans). Ensuite, avec la BEI le risque de change est entièrement couvert. Enfin, la coopération avec la BEI a permis à ECOBANK d’avoir une bonne image auprès du public, et renforcé sa position sur le marché.

Palavras-chave

cooperação UE ACP, financiamento do desenvolvimento, crédito, comércio, CEDEAO, banco


, África Ocidental, Benim

Comentários

La coopération entre ECOBANK Bénin et la BEI rentre dans le cadre générale de la coopération UE/Bénin, dans la ligne de l’assistance financière, que la BEI apporte au Bénin pour le développement. Mais en dehors de quelques hommes d’affaires qui sont bien informés de l’existence de cette coopération financière, les béninois dans leur majorité ignorent que la BEI met à la disposition de ECOBANK une ligne de crédit destinée à financer le développement du pays. D’ailleurs M. A. K. Kabassi ne s’en cache pas : " Nous sélectionnons les clients avec la même rigueur que si c’était nos propres ressources car nous avons l’obligation de bien gérer cette ligne de crédit. D’ailleurs le plus grand avantage n’est pas pour les particuliers car eux s’adressent à ECOBANK et non à l’UE."

Cette pratique n’est pas condamnable en elle même. Seulement si l’information ne passe pas auprès du public comme cela se doit, il y a risque de voir se constituer un réseau d’acteurs bien informés, qui seuls pourraient bénéficier des sources de financement. Ce risque est d’autant plus grand que le ministre des Finances doit donner son accord pour tout dossier soumis au financement de la BEI. Or le capital confiance que la population accorde aux autorités politiques en matière de finances est extrêmement faible, si bien que la moindre mauvaise information est susceptible d’alimenter des rumeurs. Au delà de tous ces risques, on peut craindre le développement des pratiques de corruption, même si celles-ci n’influenceront pas, espérons-le, l’avis de ECOBANK. Donc le rôle des pouvoirs publics doit être strictement limité à la conformité des projets au plan de développement national.

Notas

Entretien avec Kassim A. KABASSI, Directeur de gestion des risques ECOBANK- Bénin le 12/01/1999 ; interview de quelques clients anonymes devant ECOBANK agence centrale Cotonou, par Désiré AIHOU.

[Fiche produite dans le cadre du débat public "Acteurs et processus de la coopération", appelé à nourrir la prochaine Convention de Lomé (relations Union Européenne/Pays ACP). Lancé à l’initiative de la Commission Coopération et Développement du Parlement Européen et soutenu par la Commission Européenne, ce débat est animé par la FPH.]

Entretien avec KABASSI, Kassim A.

Fonte

Entrevista

Université Nationale du Bénin Cotonou - 02 BP, 647 Gbégamey, Cotonou, Bénin - Tél : 00 229 30 46 33 ou 00 229 30 32 91 - - Benim

contacto mapa do site menções legais