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Capitalisation : les conditions personnelles

Pierre DE ZUTTER

07 / 1993

Quelles pourraient être les conditions personnelles requises pour faire une bonne capitalisation de l’expérience ? Plus que les réussites, ce sont peut-être les échecs, les « capitalisations impossibles » ou que l’on put croire impossibles à un moment donné, qui nous offrent des pistes.

Faut-il être dégagé de toutes ces rages, ces rancoeurs ou ces frustrations que l’on accumule parfois dans le cours de l’action et qui dévient les interprétations ? Je commence par elles car souvent les expériences les plus riches en apprentissages sont celles qui ont été conflictives, qui ont multiplié les hauts et les bas, les confrontations de toutes sortes.

Il n’est pas nécessaire d’avoir atteint une certaine sérénité avant d’entreprendre l’effort. Sinon nous devrions trop souvent nous abstenir. Mais il faut être capable de dépasser les rejets pendant le processus. Etre capable ? C’est une question d’attitude. On capitalise pour élaborer les leçons de l’expérience, pas pour trouver des coupables. Dans la mesure où ce principe de base est réllement admis, bien des sectarismes peuvent se diluer pendant la capitalisation.

C’est possible et c’est ce que raconte très bien Loyda Sánchez dans le premier livre du Priv de Cochabamba en Bolivie où elle parle de « désapprendre le sectarisme ».

Il existe également des blocages qui empêchent d’aller au fond, des sujets tabous que l’on n’est pas encore en conditions d’affronter. C’est là un des points les plus difficiles de la capitalisation car parfois il s’agit précisément de s’attaquer à ces tabous pour trouver l’essence de l’apprentissage et parfois il convient de les respecter pour ne pas trop détruire.

Car l’auteur de capitalisation, en reprenant son vécu et en donnant ses interprétations, met parfois en jeu les relations avec sa famille, avec ses proches, avec son milieu professionnel. Jusqu’où approfondir sans déstabliser ? Il y a des capitalisations qui sont impossibles, du moins à certains moments.

Pour le reste, tout se joue au plan des motivations.

Quant la capitalisation est vraiment ressentie comme un besoin personnel (soit d’élaborer la connaissance, soit de s’affirmer ou de se réaffirmer), elle a plus de chances de réussir (ce qui ne signifie pas qu’elle sera plus facile).

Il y a aussi l’envie et le plaisir: l’envie de dire et le plaisir de partager, l’envie d’améliorer des pratiques de travail et des conditions de vie et le plaisir de participer à un effort collectif de recomposition du savoir…

En même temps il y a danger, surtout celui d’exagérer le protagonisme personnel (même lorsqu’il se déguise sous le « nous » et sous le « on »). C’est un équilibre qui n’est pas toujours facile à trouver… et à accepter. La même expérience peut être vécue de manières bien différentes par les multiples acteurs et spectateurs. Cette diversité des vécus est une des grandes sources de connaissance. Comment offrir la vision personnelle sans tirer systématiquement la couverture à soi et sans non plus s’empêtrer dans d’éternelles précisions sur qui fit quoi et qui dit quoi ?

Là encore c’est une question d’attitude, de soi et des autres participants de l’expérience, car les susceptibilités réelles ou supposées peuvent brider bien des capitalisations.

Palavras-chave

recomposição do saber, reflexão coletiva, capitalização de experiência


, Bolívia, Paises andinas, Cochabamba

dossiê

Des histoires, des savoirs et des hommes : l’expérience est un capital, réflexion sur la capitalisation d’expérience

Comentários

Trouver tous ces équilibres entre sérénité, besoins, passions, envies et plaisirs, entre le « je », le « nous » et le « ils », est souvent difficile lorsque l’on est seul face à soi- même. C’est là l’avantage d’une capitalisation en équipe qui permet l’interlocution et donc un certain recul. C’est aussi un des rôles d’un appui extérieur, quand il en existe un.

Car toutes ces conditions personnelles existent rarement ensemble avant la capitalisation; elles se forgent dans le processus.

Notas

Le texte de SANCHEZ, Loydaest dans le chapitre 7 de « Dios da el agua, ¿qué hacen los proyectos?", édité en 1992 à La Paz par Hisbol et le PRIV:Proyecto de Riego Inter-Valles, réalisé à Cochabamba-Bolivie, entre l’Etat bolivien et la GTZallemande.

Fiche traduite en espagnol : « Capitalización: Las condiciones personales »

Ce dossier est également disponible sur le site de Pierre de Zutter : p-zutter.net

Version en espagnol du dossier : Historias, saberes y gentes - de la experiencia al conocimiento

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