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Capitalisation : les crises de style

Pierre DE ZUTTER

12 / 1993

Si le style plus alerte et moins rigide du récit-réflexion tel que nous l’avons pratiqué bien des fois dans nos récentes capitalisations d’expérience peut aider à libérer les gens du terrain de leur traumatisme de l’écriture, il peut également susciter bien des crises chez ceux qui sont plus à l’aise dans le style académique ou plus respectueux de celui-ci et de son prestige.

Il est vrai qu’au départ c’était souvent moi qui proposais un genre de corrections et de titres « accrocheurs », ce qui ne manquait pas d’attirer les réticences face à ce mode « journalistique » donc peu sérieux et ce qui amenait les auteurs à se sentir partiellement « dépossédés » de leur oeuvre.

En fait il ne s’agissait pas d’imposer UNE manière mais d’ouvrir des horizons, chacun assumant ensuite sa propre décision.

Et puis, dans ces crises de style, c’est toujours en sortant du débat sur le « style » lui-même que nous avons réussi à approfondir l’approche : c’est en partant du lecteur et non pas de l’auteur !

Vers qui sont dirigées nos capitalisations ? Qu’est-ce que ces groupes aiment lire et qu’est-ce qui les rebute ? Encore une fois c’est l’idée de dialogue qui cherchait à inspirer nos décisions. Et le dialogue entre terrains a ses richesses et ses contraintes.

Un autre élément intervenait à l’heure de nos crises de style : dans nos essais plus académiques bien des pistes n’arrivaient pas à trouver leur place, parce qu’elles étaient incomplètes, ou parce que nous manquions (encore) de justifications théoriques pour bien les présenter et qu’on ne peut s’y limiter à partager des intuitions ou des convictions « empiriques », etc. Alors que c’était souvent là que se situaient les meilleurs apports, les meilleures ouvertures.

Elles étaient d’une grande valeur pour alimenter le dialogue d’une recomposition du savoir, elles restaient sans saveur lorsqu’elles se retrouvaient timidement cachées dans des écritures savantes. C’est d’ailleurs là ce que j’avais toujours constaté dansles nombreuses thèses et ouvrages sur le terrain que j’avais eu l’occasion de lire: les perles s’y dissimulent dans le remplissage classique et ne peuvent être détectées que lorsqu’on est déjà averti !

Enfin, ce sont les réactions des lecteurs des premiers brouillons qui ont toujours été déterminantes: ne pas se sentir maljugés, dévalorisés, et découvrir au contraire certains enthousiasmes surpris, voilà qui aidait à entrer au plaisir de ce dialogue naissant dans l’écriture.

Que de retournements n’ai-je pas constatés au cours des dernières années lorsque les réactions des lecteurs (parce que ces ouvrages étaient lus et non pas feuilletés puis rangés…) balayaient tant de craintes !

Alors, crises de style? Oui, dans la mesure où un seul style semblait auparavant légitime. Ce que nous avons fait c’est élargir la brèche. A présent dans nos capitalisations il y a de tout, et c’est heureux.

Palavras-chave

comunicação, metodologia, capitalização de experiência


, América Latina

dossiê

Des histoires, des savoirs et des hommes : l’expérience est un capital, réflexion sur la capitalisation d’expérience

Comentários

Il est plus facile aux rédacteurs académiques de réapprendre l’art du récit en dialogue qu’aux acteurs-conteurs de terrain de s’astreindre aux rigueurs académiques. Et puis, il est tellement agréable d’échapper à la crainte du jugement pour entrer au partage du plaisir, de l’expérience et de la réflexion !

Notas

Fiche traduite en espagnol : « Capitalización: Las crisis de estilo »

Ce dossier est également disponible sur le site de Pierre de Zutter : p-zutter.net

Version en espagnol du dossier : Historias, saberes y gentes - de la experiencia al conocimiento

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