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Mouvements sociaux d’appui aux Philippines

Le WAC dénonce les violences faites aux travailleurs et travailleuses

Vanessa GAUTHIER

01 / 2008

Depuis plusieurs années, les violences politiques se multiplient aux Philippines. Déjà en 2005, ce sont 31 responsables syndicaux et militants pour les droits des communautés urbaines pauvres qui ont été assassinés. Depuis plusieurs mois, dans une zone franche de la province de Cavite, des travailleurs ont été victimes de violences. Le WAC soutient ces travailleurs et tente de lutter contre ces agressions récurrentes.

Le Workers’Assistance Center : [Centre d’assistance aux travailleurs], un peu d’histoire

Le Workers’ Assistance Center (WAC) est une ONG philippine qui oeuvre depuis 1995 pour la défense des droits des travailleurs de la zone franche de Cavite. Elle aide en particulier les ouvriers à s’organiser, les soutient dans leurs initiatives syndicales, propose des formations, organise des campagnes internationales de sensibilisation et leur fournit une assistance juridique. Cette structure a été créée en Mai 1994 et officialisée en Novembre 1995 en tant que programme socio-pastoral de la paroisse de Rosario, après qu’une étude eut mis en évidence des violations de la liberté d’association et des atteintes à la sécurité des travailleurs et travailleuses de la zone franche de Cavite.

A ce jour, le WAC a aidé plus de 10 000 travailleurs qui ont été victimes de licenciements abusifs, dont les salaires étaient versés en retard, à qui l’on imposait des heures supplémentaires, ou encore qui ne parvenaient pas à obtenir le paiement des différents avantages auxquels ils avaient en principe droit ou le remboursement de leur contribution au système de sécurité sociale.

La mission que se donne le WAC est d’aider à la formation de syndicats ou d’organisations de travailleurs dans les zones franches et dans la région de Cavite en renforçant leurs capacités à répondre et à défendre leurs intérêts. Elle est aussi de défendre les droits des travailleurs et leur protection sociale et de trouver des soutiens pour leur cause.

Pour répondre à ces objectifs, le WAC a mis en œuvre de nombreuses activités : participation à la formation d’une alliance de syndicats, création d’un réseau de soutien constitué de groupes et individus, campagnes, formations, organisation de séminaires notamment sur la question des droits des femmes, recherches, publications, interpellation de réseaux internationaux, assistance juridique gratuite, soutien aux travailleurs et travailleuses…

Après deux années d’existence et étant donné les besoins grandissants pour les travailleurs de se syndiquer, le WAC s’est transformé en ONG avec des services à la syndicalisation améliorés et un programme de travail plus important. Ce nouveau programme devrait bénéficier à plus de 108 000 travailleurs dans les zones franches et dans la province de Cavite. Les activités de ce programme incluent la mise en place de syndicats, d’alliances et de campagnes, la sensibilisation et la formation aux questions de travail, des activités de recherche et d’information et une série de publications ainsi qu’une assistance juridique pour les travailleurs.

Le centre fonctionne grâce au travail à plein temps d’une dizaine de salariés. Il a également des antennes à Manggahan, General Trias et Bauan, Batangas. Des liens se sont également créés avec un réseau d’organisations à la fois sur le plan local, national et international qui soutiennent la cause des travailleurs.

Les travailleurs de la zone franche de Cavite : une campagne sans fin ?

A deux reprises, le Réseau Solidarité de Peuples Solidaires a relayé auprès de ses adhérents une campagne pour venir en aide aux travailleurs de la zone franche de Cavite. Une campagne qui semble ne jamais se terminer.

La répression à l’égard des militants syndicaux, qui n’est pas nouvelle aux Philippines, est clairement à nouveau en route. En 2006, c’est le président du Conseil d’administration du WAC qui est assassiné. Deux mois plus tard, deux membres de l’ONG sont à leur tour agressés. Cette agression coûtera la vie à l’un d’eux. Un ex-syndicaliste avait déjà été victime en avril 2006 d’une tentative de meurtre. Son agresseur était un membre des services de renseignement de la police locale.

Les violences publiques s’observent également à l’égard de travailleurs eux-mêmes (surtout des travailleuses) qui sont en grève depuis août 2006 dans l’entreprise C.Woo Trading. La direction de l’entreprise, une entreprise de capitaux coréens, refusant d’entamer des négociations collectives avec le syndicat indépendant légalement élu, les travailleurs de l’usine avaient en effet décidé de monter un piquet de grève. D’abord dispersés à coups de matraque (il y aura 50 blessés), les grévistes sont ensuite victimes d’un blocage par la police des ravitaillements en eau et en vivres. Fin septembre, ce sont 116 ouvriers qui sont licenciés.

En 2007, le syndicat de C.Woo Trading est radié et la grève déclarée illégale. Ces événements sont suivis de différentes attaques d’hommes armés et cagoulés qui les menacent. Au cours de l’une d’entre elles, les grévistes sont sommés de s’allonger par terre, menacés par des fusils. Les agresseurs tentent de poignarder la secrétaire générale du syndicat Nagkakaisang Manggagawa sa Chong Won (Syndicat de travailleurs unis de Chon Won), Florencia Arevalo et sa présidente Resureccion Ravelo. Elles s’en sortiront avec des contusions et des blessures légères. « On nous a déjà privés de nos emplois et de nos droits. Maintenant ils veulent nous prendre nos vies ! » a déclaré Arevalo. Selon le WAC, des actes de corruption de la police et du département du travail et de l’emploi entourent également cette affaire. A titre d’exemple, les victimes de ces attaques n’ont pas réussi à porter plainte, malgré plusieurs tentatives.

Le WAC persiste donc à dénoncer ces pratiques anti-syndicales particulièrement graves et espère trouver une issue à ces attaques.

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