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Réseau Brésilien de Socio-économie Solidaire

Pauline GROSSO, Rosemary GOMES

04 / 2003

En juin 2000, les Rencontres Brésiliennes de Culture et Socio-économie Solidaires se sont tenues à Mendes dans l’Etat de Rio de Janeiro, avec des organisations d’économie solidaire de diverses régions et ont vu la constitution de Rede Brasileira de Sócio-economia Solidária – RBSES (Réseau Brésilien de Socio-économie Solidaire). Il s’agit d’un bloc historique en formation, confrontant le système et la mondialisation capitaliste, muni d’un projet de construction de la base vers le sommet de la socio-économie solidaire, réaffirmant les valeurs du travail émancipé, la propriété et la gestion coopérative des moyens de produire les richesses et de reproduire la vie, la constitution de sujets de leur propre développement personnel et social et le combat contre toute forme d’oppression et d’exploitation économique, politique et culturelle. Le RBSES ne dispute pas la représentation de ce bloc historique, pour n’en représenter qu’une partie reliée par collaboration, voire par confrontation à d’autres éléments de ce même ensemble.

Ce que le RBSES recherche et comment il compte le réaliser :

  • intervenir dans tout le processus économique ;

  • construire des chaînes de production intégrée verticalement et horizontalement avec des réseaux de producteurs et consommateurs qui travaillent de façon coopérative et solidaire et constituent un espace croissant de socio-économie solidaire au sein du capitalisme lui-même et en opposition à lui ;

  • intégrer la production, la commercialisation, la consommation, le crédit en un système harmonieux et interdépendant, collectivement et démocratiquement projeté et géré servant l’objectif commun de répondre aux nécessités de vie et de reproduction durable de la vie de tous les citoyens et citoyennes, sous tous ses angles, y compris dans les domaines de la culture, de l’art et des loisirs ;

  • organiser et renforcer des réseaux locaux, régionaux, nationaux et mondiaux qui articulent des réalisations de socio-économie solidaire, en reliant et intégrant les diverses pratiques de socio-économie solidaire, les mouvements populaires, les syndicats et autres organisations de la société civile qui partagent un même esprit de solidarité ;

  • créer un label de qualité, des logos et d’autres instruments qui consolident l’identité du réseau et la confiance du consommateur ;

  • créer des instruments de communication, de financement, de formation technologique et d’intégration des savoirs intérieurs aux réseaux ;

  • accroître l’usage et l’étendue de l’informatique pour tonifier la communication par la diffusion de programmes libres et solidaires et la création ou le renfort de sites à internet ;

  • multiplier les formes de communications ;

  • agir sur l’éducation des producteurs et consommateurs ;

  • reconstituer les savoirs existant dans les diverses actions d’économie populaire ;

  • créer et s’approprier de nouvelles technologies durables ;

  • permettre l’autogestion collective.

Les réseaux d’économie solidaire intègrent des réalisations et des organisations locales qui peuvent former ensemble des forums et des réseaux au niveau des états et établir des commissions dans différents secteurs, sur le plan régional et national.

Son rôle vis-à-vis de l’Etat varie, selon le caractère des pouvoirs constitués et pouvant être celui de partenariat, ou de proposer des accords ponctuels et des actes de pression ou de résistance en se souciant de la législation coopérative, du crédit (visant des lignes de crédit officielles à des taux en accord avec des entreprises sociales), des opportunités - accès en temps voulu à des appels d’offre pour la fourniture de biens et de services à l’Etat – des politiques publiques d’appui à la réalisation sociale.

La stratégie du RBSES rassemble des objectifs et des actions dans les domaines de la production, commercialisation, consommation, communication et du crédit.

Dans le champ de la production, il s’agit de garantir une grande diversité de produits et services : une qualité et une qualification oeuvrant pour un bon niveau des produits et services, des achats groupés d’équipements pour une réduction des coûts, une reconstruction solidaire des chaînes de production commençant si possible par le stade de la consommation, un engagement avec le consommateur de maintenir une offre soutenue, un respect de l’environnement et enfin l’implantation d’un label de responsabilité sociale et environnementale. Il convient de définir le travail émancipé, la connaissance et la créativité des travailleurs comme valeur centrale de l’économie solidaire, l’autogestion comme mode de maîtrise des travailleurs du contrôle du processus productif et du produit de leur travail, une complémentarité et une solidarité comme mode d’articulation d’autres réalisations associatives et coopératives, d’incorporer, de créer et de partager des technologies durables.

En matière de commercialisation, il faut être toujours attentif à la qualité, à l’emballage et au transport, pesant sur les coûts avec une durabilité sociale et écologique et à la possibilité de louer des conteneurs en commun pour faciliter les exportations. Il est nécessaire de produire des catalogues d’articles, de services et de fournisseurs, de localiser les besoins des consommateurs et des producteurs, de developper une logistique solidaire de distribution et d’entreposage, en cultivant la relation producteur consommateur. Dans la construction des chaînes productives solidaires, on s’efforcera d’élargir la coopération entre producteurs et consommateurs par l’élimination, le plus possible, de l’intermédiaire qui retire des profits excessifs. Les mécanismes de commercialisation capitaliste seront pris en compte pour être dépassés (par l’appropriation de ce qui en est positif et leur dépassement créatif) par une commercialisation juste et solidaire. Il s’agit d’administrer l’information car l’atout majeur de l‘intermédiaire n’est pas le transport mais l’information, de comprendre l’enchaînement solidaire des différents services entre le producteur et le consommateur en tant que parties de la construction de chaînes productives solidaires et d’organiser des marchés permanents, c’est à dire des points de commercialisation.

Sur le plan de la consommation, seront traitées l’organisation de réseaux de consommation et la prise en compte de personnes et institutions qui font partie des réseaux avec leur potentiel de demandes, comme consommateurs à bien servir. Le soin à apporter aux emballages pour éviter la pollution et créer des facilités à l’acheteur, grâce aux commodités et informations données aux produits, la mise en place des pôles d’échange et de distribution, le déploiement de campagnes d’éducation, une planification intégrant demande et production, un contrôle de la qualité des produits et services et enfin le développement de nouveaux produits seront également à considérer.

Développer des pratiques de communication et diffuser du matériel d’information, réaliser des échanges réciproques entre les diverses réalisations, établir des centres de référence de communication et d’information ayant le rôle de « faciliteurs », se servir des espaces de radios et chaînes de télévision communautaire, produire des films vidéo populaires, étendre l’accès aux sites internet afin de distribuer un matériel éducatif, conclure des affaires, etc. seront autant de pratiques liées au domaine de la communication et éducation.

Quant aux finances, il faut développer une structure d’autogestion du crédit et des ressources, diffuser les organisations de crédit éthique, instituer des fonds d’épargne intérieur, en assurant au réseau un auto-financement, une autonomie et un appui pour de nouvelles réalisations.

Le site www.redesolidaria.com.br présente, entre autres, des systèmes de recherche pour la localisation de produits et services solidaires proposés dans les différents états du Brésil qui seront à l’avenir reliés en systèmes de commerce on line, des systèmes qui situent des réalisations par chaînes productives, des forums, des domaines de transfert technologique comprenant des softwares libres et solidaires pouvant être librement utilisés dans les réalisations solidaires. Une carte des réalisations d’économie solidaire au Brésil et à l’étranger, un matériel pédagogique pour les activités d’éducation populaire sur des réseaux d’économie solidaire, une bibliothèque avec des études à des degrés d’approfondissement divers, un domaine de recherches relié à différentes pages d’internet sur des thèmes semblables, y sont aussi disponibles. Le système interactif du site permet à tout intéressé, et avec une grande facilité, de recevoir et d’envoyer des messages à l’ensemble des participants du RBSES, de partager des informations, de participer à des votes directs ou des dialogues en temps réel, de répartir des technologies, de conclure des affaires, etc.

Mots-clés

économie solidaire, économie sociale, développement local


, Brésil

dossier

Économie solidaire au Brésil et en France

Source

Livre

“Construindo a Rede Brasileira de Socioeconomia Solidária", RBSES – Mendes, junho de 2000 - Publicado na Série Semeando Socioeconomia, n. 4 - PACS, Rio de Janeiro, 2000.

Site du Réseau brésilien de Socio-économie Solidaire : www.redesolidaria.com.br

ABONG (Associação Brasileira de Organizações Não Governamentais) - Rua General Jardim, 660 - 7º andar - Vila Buarque Cep: 01223-010 São Paulo - SP- BRASIL - Fone/fax: (55 11) 3237-2122 - Brésil - www.abong.org.br - abong (@) uol.com.br

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