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AMAR en France, IDACO au Brésil, s’associent pour défendre la petite production et promouvoir la reconnaissance des petits agriculteurs brésiliens - 1

Contexte, historique et objectifs

Martine HERVE

12 / 1996

L’expérience menée en coordination par AMAR (Acteurs du Monde Agricole et Rural)et IDACO (Institut de Développement Agricole et d’Action Communautaire)en milieu rural dans l’Etat de Rio, au Brésil, vise à valoriser la petite agriculture, à montrer qu’elle peut être viable et que la réforme agraire peut s’appuyer sur elle. En mettant en place des échanges internationaux France-Brésil fondés sur des actions de développement local, dont les principaux acteurs sont les petits producteurs, ceux-ci veulent promouvoir la reconnaissance des petits agriculteurs, comme citoyens à part entière.

Cette expérience est à resituer dans le contexte général de l’agriculture brésilienne; elle permettra aussi de montrer le manque d’intérêt porté aux cultures des PED en France et essayera d’engager un processus de sensibilisation.

Contexte : La puissance agricole du Brésil est basée sur le développement intensif des cultures d’exportation, génératrices de devises et pratiquées par les grandes exploitations industrielles au détriment des cultures vivrières et familiales (petite agriculture). Ces politiques agricoles ont pour conséquence de raréfier les produits vivriers (riz, haricots, manioc), dont les prix sont trop élevés pour la majorité des consommateurs brésiliens. Une enquête officielle parue en 1995 montre que 20 % des Brésiliens souffrent quotidiennement de la faim. La réorientation des politiques agricoles vers la satisfaction des besoins alimentaires est donc une question sensible.

L’organisation du monde agricole et rural reste un sujet épineux au Brésil. La réforme agraire souhaitée par les petits paysans, qui revendiquent le droits d’accéder à l’exploitation autonome d’une parcelle, n’a toujours pas eu lieu.

Cette situation est peu connue en France, où les représentations de l’Amérique latine et en particulier du Brésil sont très caricaturales, allant de l’aspect "fête-samba-carnaval " à l’image négative de la déforestation de l’Amazonie ou des enfants des rues.

Historique : En 1987, un mémoire d’un universitaire breton sur la révolution agraire dans l’Etat de Rio, a mis en avant le déficit de produits vivriers, autrefois fort excédentaire. Ce déficit, combiné à l’exode rural et à la spéculation foncière, rendait la situation très difficile pour la majeure partie de la population de Rio. Or le marché de la consommation y est énorme et l’amélioration de l’offre en produits vivriers pouvait augmenter le niveau de vie et la santé de la populations des bidonvilles. Il concluait qu’il existait pourtant des possibilités d’accession à la propriété, mais que les paysans n’avaient pas un poids politique suffisant pour être reconnus par les pouvoirs publics.

Au cours de cette étude, il rencontra un spécialiste brésilien des questions agricoles capable de repérer des groupes cibles pour une action en faveur de la petite production. Deux structures furent alors créées simultanément en 1988 : IDACO au Brésil et AMAR en France (pays de la Loire et Bretagne).

IDACO, caractérisé par sa forte compétence technique et animé par une équipe de techniciens et ingénieurs agronomes, exerce un rôle de conseiller et de formateur auprès des groupements de petits producteurs et de la population rurale délaissée par les appareils d’Etat. Agissant principalement auprès des paysans de l’Etat de Rio, il a élargi ses champs d’action au milieu urbain et occasionnellement à d’autres Etats. Il bénéficie de la reconnaissance du Ministère de l’Agriculture de son pays et de nombreux autres partenaires publics.

AMAR est une association bretonne dont les membres sont issus du milieu rural et souvent de formation agricole et agronomique. Forte d’un réseau de sympathisants, son fonctionnement repose sur le bénévolat, avec l’aide d’un objecteur de conscience. Elle ouvre en France à des actions d’éducation au développement et organise en collaboration avec IDACO des chantiers de jeunes au Brésil.

Le premier objectif commun à ces deux associations fut d’organiser en 1988 un chantier de jeunes Français dans l’Etat de Rio, non en milieu urbain comme la majorité des chantiers de jeunes existants, mais en milieu rural. Ce chantier marqua le début d’une collaboration qui perdure depuis dix ans.

Objectifs : A travers ce partenariat se dessinent deux objectifs : d’une part la promotion des associations de producteurs brésiliens et d’autre part l’éducation au développement en France.

  • Promotion et dynamisation des groupes de petits producteurs : Très peu de structures publiques de formation professionnelle s’adressent à ce public, qui doit se tourner vers le secteur associatif. De par ses compétences techniques et pédagogiques, IDACO a un rôle reconnu dans cette offre de formation. Aussi, par son soutien financier à l’organisation de sessions de formation, AMAR pose comme priorité l’accompagnement de toutes les initiatives de formation.

Pour être reconnus, les petits producteurs doivent s’organiser au niveau de l’Etat de Rio. Leurs groupements sont donc facilités et aidés financièrement par AMAR afin qu’ils aient plus de poids et puissent exprimer leur revendication, non plus de manière isolée mais au commune.

Les actions d’AMAR et IDACO visent à faire connaître et apprécier les différents expériences des producteurs, trop souvent méprisés et peu écoutés. La médiatisation des chantiers de jeunes Français met en avant ces projets. Ces expériences doivent contribuer au renforcement de l’émergence sociale de ces agriculteurs et ainsi participer à la reconnaissance de leur citoyenneté.

  • Chantiers Brésil-France : Ils permettent des échanges entre professionnels et universitaires brésiliens et leurs homologues français. La découverte de la réalité brésilienne en France est un objectif en soi. Elle est différente selon le public visé. L’organisation et la préparation des chantiers de jeunes en France doivent être l’occasion pour eux de se former aux questions de développement et de participer à une réalité socio-économique des pays du Sud. La participation de jeunes Français est l’un des objectifs des chantiers. Le soutien à des travaux de recherche et d’études universitaires répond au même objectif.

L’éducation au développement concerne également des animations en France, dans les écoles. Faire partager leur expérience et soulever des problèmes cruciaux auprès d’un public de scolaires et d’enseignants est primordial dans les actions d’AMAR en France.

Mots-clés

développement local, agriculture paysanne, petit producteur, éducation au développement, agriculture familiale


, Brésil, France

Notes

Contact : AMAR=Acteurs du Monde Agricole et Rural, 10 chemin de la Métairie, 35740 Pacé. Tel/fax 02 99 60 25 09

Entretien avec MARECHAL, Gilles

Source

Entretien ; Document interne

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