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La rencontre inter-africaine de Kigali, une des sept rencontres continentales de l’Assemblée 97

L’interculturel à distance est-il possible ?

Gustavo MARIN

01 / 1998

La première idée de cette rencontre est venue en avril 1997 lors de la réunion de l’équipe internationale d’animation de la rencontre de Sao Paulo. Jusqu’alors, tous les efforts de cette équipe internationale étaient concentrés dans la préparation d’une seule rencontre qui devait avoir lieu en décembre au Brésil. Mais, afin de donner de la place à d’autres personnes qui ne pouvaient pas se déplacer à Sao Paulo, de diminuer les coûts de voyages, et surtout, de répondre à une demande concrète des alliés dans d’autres régions du monde qui souhaitaient participer à cet événement sans être obligés de quitter leurs lieux géographiques, l’idée d’organiser quelques rencontres simultanées a été envisagée, notamment à Bangalore, Barcelone et Kigali. La rencontre de Kigali a été mise en oeuvre par téléphone et fax entre David Gakunzi, président du Centre International Martin Luther King à Kigali et membre de l’équipe internationale d’animation de la rencontre de Sao Paulo, Innocent Muhozi, président de la radiotélévision Burundaise à Bujumbura et Gustavo Marin, responsable du programme Avenir de la Planète à la FPH à Paris et membre de l’équipe internationale d’animation de la rencontre de Sao Paulo.

Cette petite équipe a travaillé à distance pour rédiger une lettre d’invitation et ébaucher une première liste d’invités. Nacéra Aknak, animatrice du collège "jeunes" de l’Alliance a également contribué à identifier quelques invités, en particulier d’Afrique de l’Ouest. Dès le départ, l’idée fut de donner une dimension inter-africaine à la rencontre de Kigali. C’est pour cela qu’ont été invités des alliés du Sénégal, Bénin, Togo, Mali, Gabon, Ouganda, Kenya, Rwanda, Burundi et Afrique du Sud. Le but était de rassembler des alliés connaissant déjà l’Alliance avec d’autres qui participaient pour la première fois, tout en gardant un certain équilibre pour éviter des malentendus ou des disparités trop importantes.

La FPH a assuré le financement des voyages et du séjour (150.000 FF environ). Une semaine avant le début de la rencontre Gustavo Marin est arrivé à Kigali pour affiner les derniers détails avec l’équipe du Centre : distribution de matériaux thématiques préparatoires, mise en place d’une connexion Internet, réunions préparatoires pour élaborer le programme de la rencontre, etc...

La rencontre de Kigali a commencé le 30 novembre 1997. Après l’accueil exprimé par un membre de l’équipe du Centre, Gustavo Marin a expliqué comment cette rencontre s’intégrait avec les autres rencontres de l’Assemblée 1997 de l’Alliance et a fait un historique de l’Alliance, dans le but d’apporter une base commune de travail à tous les participants.

Puis le programme de la rencontre a été discuté par tous les participants et un appel a été lancé pour que l’animation de chaque séance soit prise en charge par les invités. Le travail en ateliers et en plénières se déroula comme prévu sur 2 jours. Chaque séance était présidée par Innocent Muhozi et animé par les participants eux-mêmes.

Cette rencontre a eu un point faible notable : le peu de participation de femmes. Une présence plus active des femmes aurait renforcé beaucoup plus la dynamique de la rencontre et le développement de l’Alliance en Afrique car le peu de femmes qui ont assisté à cette rencontre ont eu une participation remarquable.

Les animateurs proposaient soit le travail en plénières, soit en groupes et à chaque pause ils organisaient des danses et des jeux pour se détendre. Les langues étaient l’anglais et le français. Deux interprètes faisaient une traduction consécutive. Cette procédure allongeait au début le temps de parole, mais peu à peu, le groupe s’est habitué et la plupart des intervenants ont appris à parler brièvement et à mieux s’écouter mutuellement.

Deux thèmes principaux ont été abordés : Sécurité alimentaire et paysannerie ; Nouvelle gouvernance en Afrique. La dernière séance a été consacrée à l’élaboration collective d’un Plan d’action jusqu’en 2000. La rencontre a eu deux moments forts :

lundi après-midi un groupe de 20 tambourinaires de Burundi ont fait une présentation de danses et de chants qui a attiré l’attention de plusieurs centaines de voisins du quartier populaire où est situé le Centre. La télévision ruandaise est venue couvrir cet événement ; mardi après-midi, après avoir rédigé le Plan d’action, les participants sont allés à Ntarama, un lieu historique du génocide de 1994 à 1 heure de Kigali où, dans une église abandonnée, on peut voir plusieurs milliers de cadavres, notamment des crânes écrasés d’enfants.

Après ce voyage les participants ont été profondément touchés et sont restés silencieux. Le soir, lors du repas d’adieux, plusieurs discours ont été fait par des participants de divers pays, notamment par les jeunes du Rwanda et du Burundi. Tous, émus et en même temps touchés par la rencontre, ont manifesté leur volonté de continuer à construire un monde solidaire et en paix. A la fin, quelques équipiers du Centre et Gustavo Marin ont joué de la guitare et ont chanté des chansons africaines et latino-américaines. Tout le monde a dansé.

La connexion Internet a très bien fonctionné. A partir d’une seule ligne téléphonique, un seul modem et un tout petit portable équipé de Windows 95, plusieurs connexions ont été établies chaque jour. Quelques messages en provenance des autres rencontres, Sao Paulo, Barcelone, Bangalore et Alger, ont pu être communiqués aux participants à Kigali. De même, les comptes-rendus de chaque séance de travail à Kigali ont été envoyés aux autres rencontres. Mais l’inter-activité entre toutes a été très difficile par manque de temps et d’expérience.

Mots-clés

méthodologie, diversité culturelle, technique de communication


, Afrique, Rwanda, Kigali

Commentaire

Cette rencontre a été très forte. En peu de temps une quarantaine d’Africains ont pu discuter sur de thèmes-clés du présent et de l’avenir de l’Afrique, en groupes et en plénières, parlant français et anglais, en passant par des jeux de détente, pour élaborer collectivement un Plan d’action. Une dimension artistique portée par les tambourinaires de Burundi a permis de dynamiser et d’ouvrir cette rencontre au public et aux media. La visite de Ntarama a été un moment fort et émouvant qui a resserré les volontés de tous. L’ensemble montrait ainsi un certain "art de vivre" où les éléments variés d’une complexité humaine pouvaient s’exprimer et s’enrichir mutuellement.

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

(France)

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